Bethléem : Le mur de séparation

J’ai hésité à écrire sur le mur de séparation entre Israël et la Cisjordanie car c’est un sujet tellement controversé et qui soulève des passions.

Il y a quatre ans je suis partie en Israël pendant quelques mois. Pendant mon séjour, j’ai traversé la barrière qui sépare Israël de la Cisjordanie pour me rendre à Bethléem.

Le mur de séparation Bethléem

Le mur de séparation, Bethléem (2014)

C’était quelque chose que j’avais envie de voir de mes propres yeux. En pensant au mur de séparation de Bethléem, je me rappelais celui de Berlin et ceux de Belfast. C’est pour moi quelque chose d’assez effrayant, de si dur, si froid.

J’ai finalement été étonnée par les couleurs qui ornent ce mur.

Ce que je vais vous raconter est mon ressenti, ce que j’ai vu. Il ne faut pas oublier que ce mur a des conséquences graves pour beaucoup de monde.

 

mur de séparation Bethléem

« The wall will fall », Bethléem (2014)

Le mur de séparation : un support d’expression

Qu’est-ce que dessiner ? Comment y arrive-t-on ? C’est l’action de se frayer un passage à travers un mur de fer invisible, qui semble se trouver entre ce que l’on sent et ce que l’on peut. Comment doit-on traverser ce mur, car il ne sert à rien d’y frapper fort, on doit miner ce mur et le traverser à la lime, lentement et avec patience à mon sens.

Van Gogh

 

Les controverses qui concernent le mur de séparation israélien ont donné libre cours à de nombreux débats dans le monde. Mais cela a aussi attisé la curiosité de bons nombres de citoyens, venant des quatre coins de la planète.

Ce «tourisme» a développé une expression artistique d’ampleur mondial, en atteste la diversité de langue inscrite sur ce mur.

Une tentative pour s’exprimer qui se veut être en opposition avec le mur.

mur de séparation Bethléem

Représentation de Leila Khaled, Bethléem (2014)

Depuis sa construction le mur de séparation est devenu un terrain d’expression artistique. Une contestation exprimée pacifiquement. Les dessins et messages sont politiques. Ainsi, palestiniens et étrangers viennent contribuer à la lutte contre ce mur et, ironiquement, le mur devient le support de sa propre opposition et affiche la volonté de sa propre destruction. Les symboles de paix sont les plus courants.

Mais on retrouve, parsemées, de grandes figures de la résistance palestinienne, comme Leïla Khaled, militante du Front Populaire de Libération de la Palestine, première femme à avoir détourné un avion de ligne.

The Wall Museum

mur de séparation Bethléem

« Wall museum », Bethléem (2014)

Le mur de séparation israélien est devenu un musée à ciel ouvert. En effet c’est un projet de l’Arab Educational Institute qui œuvre pour la destruction de ce mur. The Arab Educational Institute est une ONG arabo-palestinienne . Leur projet est de travailler avec les jeunes et les femmes.

L’ONG est engagé dans le domaine de l’éducation de la communauté et contribue à des causes générales. Elle est présente pour la jeunesse et sensibilisent sur les valeurs, la culture et l’identité palestinienne et forme à communiquer la réalité palestinienne.

mur de séparation Bethléem

Le rêve d’un enfant affiché sur le mur, Bethléem (2014)

Le «musée du mur» est la dernière étape de leur mouvement culturel.

Le mot musée n’a pas vocation à être permanent. En effet l’AEI, a espoir que par le succès même de ce « musée » le mur soit détruit.

Des histoires humaines sont affichées. Des histoires personnelles. Toutes avec une signification particulière.

Ce sont de simples histoires mais le contexte d’affichage rend ce «musée» spécial. Les histoires sont actuellement fixées à la paroi et à certains blocs militaires.

Le mur devient support de sa propre contestation

 

Le mur est un espace d’expression où palestiniens et étrangers donnent libre cours à leur colère et leur désir de paix.

mur de séparation Bethléem

« Messenger », Bethléem (2014)

Seulement les Israéliens et beaucoup de palestiniens veulent qu’il reste gris. Au début l’armée israélienne arrêtait les graffeurs qui peignaient slogans et dessins. Maintenant le mur est équipé de barbelés, de caméras et de détecteurs de mouvements.

mur de séparation, Bethléem

« Call for humanity », Bethléem (2014)

A Bethléem, ce mur en béton de huit mètres est devenu un support d’expression artistique. Tout comme le mur modifie le paysage, ces dessins et écritures le modifient lui. Il est devenu un «musée», un support de contestation et de messages de paix délivrée par des gens venus du monde entier. Mais plus encore, le mur est utilisé contre lui-même. Il est devenu un argument, un support d’expression pour sa propre démolition.

 

 

 

 

Si le conflit israélo-palestinien est un sujet qui vous intéresse, je vous invite à regarder ces deux documentaires :

Simone Bitton, Mur (2004) Documentaire, 100 min.

Nabil Ayouch, My Land [DVD], French Connection Films, 2012, 84min

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Noémie

Noémie est avant tout curieuse de tout. Elle aime tenter de nouvelles expériences et découvrir de nouvelles choses. Elle s'essaye à l'écriture pour partager ses découvertes et les histoires dont elle a entendu parler. Vous pouvez aussi me suivre sur instagram @noemiethz

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